Un article intéressant partagé par Raj Inder, kinésithérapeute, qui m'accompagnera lors du sage dos.

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Les lombalgies

Lombalgie est un terme générique désignant des douleurs dans la région basse du dos. C’est une affection très courante et le plus souvent sans gravité. Au cours d’une vie, plus de 80% de la population peut, à un moment ou un autre, souffrir de lombalgie, avec une prédominance à l’adolescence et vers l’âge de 45-50 ans.

La lombalgie est la forme de mal de dos la plus fréquente. Cette fragilité s’explique par le fait que les vertèbres et en particulier la région lombaire sont très régulièrement sollicitées et soutiennent une part importante du poids du corps.

Plusieurs catégories de douleur

Des distinctions peuvent être établies entre les lombalgies dites aiguës, récurrentes, chroniques et irradiantes.

La lombalgie aiguë, encore appelée lumbago ou « tour de rein », est une douleur intense, en barre, juste au-dessus du bassin, qui peut durer jusqu’à 1 mois. Elle apparaît brutalement dans des circonstances bien identifiées comme par exemple suite à un effort de soulèvement.

Lorsqu’une suite d’épisodes aigus survient de façon régulière ou lorsque cette douleur persiste au delà du mois, de manière plus ou moins constante, il est question de lombalgie récurrente ou subaiguë.

Et enfin, dans un peu plus de 5% des cas, lorsque la douleur dure plus de 3 mois, on parle de lombalgie chronique. Ces personnes souffrant de lombalgies chroniques doivent généralement envisager d’apporter des modifications importantes à leurs habitudes de vie.

Les douleurs dans la région lombaire peuvent s’accompagner d’irradiation dans les membres inférieurs. On parle alors de sciatique, ou plus exactement de névralgie sciatique, à mettre en lien avec une atteinte par compression d’une ou de plusieurs racines de ce nerf sciatique, la plupart du temps en raison d’une hernie discale.

Les causes des lombalgies

La lombalgie n’est qu’un symptôme dont les causes sont variées. Cependant, la plupart du temps, il est très difficile d’identifier ces causes. Les douleurs sont dites « non spécifiques », sans caractéristiques inquiétantes, et disparaissent spontanément en quelques semaines. L’origine peut être musculaire, tendineuse ou ligamentaire, peut concerner le disque intervertébral avec éventuellement une hernie discale, mais il peut s’agir aussi d’un processus général d’usure et de vieillissement (arthrose), l’origine peut également être distante comme un problème gynécologique, etc. Il est à noter que les douleurs peuvent être accrues par les contractions et le verrouillage musculaires qui s’installe dans presque tous les cas comme réflexe de protection et qui surajoute à la douleur initiale.

Rarement, les causes sont en liens avec des affections graves (cancer, fractures, etc) et la consultation d’un médecin est alors vivement conseillée.

Les traitements

Les traitements des lombalgies dépendent des causes identifiées et sont de la sorte très diversifiés : repos (temporaire et modéré), application de chaleur, massage, kinésithérapie, physiothérapie, médicaments (antidouleurs, anti-inflammatoires, relaxants musculaires, etc), port d’une ceinture lombaire, etc.

En phase aiguë, c’est avant tout le repos qui est préconisé afin de maîtriser la douleur. Cependant, le repos strict (plus de 2 jours) que l’on recommandait dans le passé est à présent déconseillé. Au contraire, dès que les douleurs régressent, il semble indiqué de se mobiliser et de maintenir un minimum d’activité physique. L’inaction et l’immobilité contribuent en effet à la fonte et à l’affaiblissement musculaire, ce qui fragilise le dos.

L’apport du yoga

Un yoga bien pensé trouve sa place aux différents stades d’évolution des douleurs et est à envisager comme adjuvant aux autres solutions qui peuvent être proposées. Un yoga bien pensé signifie que les séries (d’exercices) sont sélectionnées avec soin afin de proposer des postures adaptées et aménagées et d’éviter celles à risque. Autant que possible, les séances se doivent d’être personnalisées afin d’obtenir des bénéfices précis sans prendre de risque.

Selon la nature et l’évolution de la lombalgie, les objectifs varient. Dans un premier temps, en phase aiguë, des techniques de relaxation et des étirements mesurés et spécifiques peuvent jouer un rôle bénéfique dans la gestion et l’atténuation des douleurs. Puis progressivement les étirements peuvent être intensifiés et des postures detonification et de renforcement musculaire peuvent être intégrées (exemple: série de base pour l’énergie de la colonne vertébrale, The aquarian teacher, niv. 1). Et enfin, ultérieurement, l’entretien général du dos est réalisé par diverses séries aux postures diversifiées et plus exigeantes tel que la série « flexibilité de la colonne vertébrale,The aquarian teacher, niv. 1 » qui intègre harmonieusement des postures d’étirements, de relaxation et de tonification musculaire (statique et dynamique) de la colonne dans les différents plans ainsi que des membres supérieurs et inférieurs.

Les personnes souffrantes de lombalgies ou ayant une fragilité avérée à ce niveau doivent s’entourer de précautions et apporter un soin particulier à l’adaptation des postures, en particulier les postures exigeantes qui impliquent la région lombaire.

Les étirements avant (pinces assise ou debout) en particulier doivent être adaptés, personnalisés et réalisés dans le respect de la biomécanique du dos et du bassin. Malheureusement, ces postures sont souvent mal exécutées car la flexion n’est pas suffisamment réalisée au niveau des hanches, la pliure en deux est plutôt observée au niveau de la taille (la colonne est enroulée), engendrant des contraintes vertébrales importantes et éventuellement des pincements dangereux des disques intervertébraux. Ce qui importe de garder à l’esprit c’est que l’objectif de la plupart des postures est d’allonger et d’étirer le dos et non de tasser les lombaires. Aussi, pour une personne lombalgique, les étirements avant sans plier les genoux sont contre indiqués. Plier les genoux limite la tension dans les muscles ischio-jambiers (souvent trop courts) et cette seule adaptation permet de maintenir un dos droit et sécurisé.

Cette réflexion sur les étirements avant montre combien il importe d’être précautionneux et bien informé quant aux séries d’exercices réalisées lorsqu’on souffre de douleurs lombaires. Il ne suffit pas de se fier au titre même de la série pour présager de ses bénéfices, mais il importe également de s’interroger sur chacun des exercices proposés et d’évaluer s’ils sont appropriés au regard des symptômes et des informations médicales que l’on possède.

Si comme on vient de l’évoquer, une intelligence particulière doit être insufflée afin de sécuriser le choix et la réalisation de certaines séries d’exercices, il convient également de garder un regard d’ensemble sur les divers bénéfices qu’apporte le yoga. En effet, le yoga ne se limite pas à ces aspects d’anatomie ou de biomécanique. Ce qu’il a à apporter est beaucoup plus vaste. Ainsi toute personne souffrant de lombalgie trouvera d’importants avantages à faire une pause pour prendre conscience de son corps, de ses sensations, de sa respiration, à renouer avec soi-même et se (re)découvrir, s’écouter, prendre tout simplement soin de soi. Respirer consciemment, même si cela paraît insignifiant, est une pratique douce très efficace dans la gestion de la douleur.

Et surtout, le yoga permet de maintenir une activité physique. Longtemps, on a considéré que le repos strict au lit permettait de guérir la lombalgie, mais cette conception s’est révélée fausse et a été responsable de nombreux échecs thérapeutiques dans le passé. La clé de la réussite est de bouger, bouger avec mesure et intelligence !

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